Voici l’integralité de l’article :

Vaccin, confinement, la Suède… Les huit réflexions d’Axel Kahn sur la crise sanitaire

PAR E.F. EFAREL@NICEMATIN.FR 

Que dit le généticien français de la crise sanitaire et quel est son sentiment sur la façon dont elle évolue ? Voici, en huit points, un résumé de sa pensée dont transpire une certaine inquiétude.

Scientifique, médecin, essayiste et Président de la Ligue nationale contre le cancer, Axel Kahn était jeudi matin l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV.

Avec le sens de la vulgarisation qui le caractérise, le généticien a fait part de ses réflexions sur la crise actuelle de la Covid-19.

Ses doutes, son agacement mais aussi ses certitudes transparaissent à travers ses réflexions dont ressort ce cri d’alarme: à cause du manque de prise en charge, le nombre de morts du cancer va exploser dans les années à venir…

1. PRÉFÉRENCE AU VACCIN CHINOIS

2. NON À LA VACCINATION OBLIGATOIRE

« C’est une mauvaise idée dans l’état où est la France, de non-réceptivité et de contestation de toutes les recommandations des autorités, qu’elles soient médicales, scientifiques ou venant de l’État. Je crois que la réaction qui serait provoquée par une obligation de se faire vacciner ne permettrait pas d’atteindre le même niveau de protection qu’une persuasion par des gens persuasifs. Moi par exemple. »

3. OUI AU CONFINEMENT

« Ceux qui disent que l’on sacrifie nos libertés ne se rappellent pas ce qu’est la liberté. La déclaration des droits de l’Homme la définit comme étant le droit d’être libre de faire ce que l’on désire à partir du moment où cela ne nuit pas à la liberté d’autrui. Moi, je puis avoir la liberté de ne pas vouloir être infecté, de ne pas vouloir mourir d’une infection. C’est très curieux cette perception uniquement individuelle de la liberté. »

4. GARE AU NON-RESPECT DES CONSIGNES

5. NON AU CONFINEMENT SÉLECTIF

« Ça ne marche pas. Lorsqu’au mois de mars, l’épidémie a augmenté, les personnes âgées dans les Ehpad étaient totalement confinées et sont tombées comme des mouches, tout simplement parce que ce n’est pas une île déserte. Si on veut protéger les personnes, il faut le faire avec les moins fragiles et les plus fragiles. Il n’y a pas d’autre possibilité. »

6. TROP TÔT POUR SORTIR DU CONFINEMENT

« Il est malheureusement beaucoup trop tôt pour déconfiner. Il y aura une décélération de l’épidémie mais c’est normal. Le virus n’a pas de petites ailes qui lui permettent d’aller d’une personne à une autre. On se contamine de personne à personne et uniquement comme cela. Et chaque fois que l’on diminue les interactions physiques, on diminue évidemment les contaminations. D’une part le couvre-feu et d’autre part le confinement devraient diminuer le flux viral et ils l’ont fait puisque le taux de contamination est à 0,93. Mais c’est insuffisant. »

7. ATTENTION AUX AUTRES MALADES

« Certains services sont surchargés et se posent la question de la “priorisation”. Les patients Covid doivent-ils être privilégiés? Lorsque la première vague nous est tombée dessus, il a fallu nous adapter notamment pour la poursuite du traitement des personnes atteintes de cancer. Je m’attendais, comme la deuxième vague était prévue dès le mois d’août, à ce que l’on se prépare à soigner les personnes atteintes de formes graves de Covid, mais aussi à continuer de soigner correctement celles affectées par des maladies plus graves, plus durables, plus anciennes. Le cancer fait 156 000 morts par an et l’on est sûr que la diminution de la qualité de prise en charge durant ces deux vagues des personnes qui en sont atteintes, créera des milliers de morts supplémentaires dans les cinq ans qui viennent. Nous sommes incroyablement inquiets. »

8. LE MAUVAIS EXEMPLE DE LA SUÈDE

« Ce pays a dit qu’il ne voulait pas sacrifier ses jeunes et qu’il fallait que l’activité continue. Et dès que la mortalité a augmenté chez les personnes âgées, il a tout mis sous cloche. Le résultat est qu’il y a cinq à dix fois plus de morts par million d’habitants en Suède que dans tous les pays avoisinants. Cerise sur le gâteau, l’immunité collective n’est évidemment pas atteinte et l’économie est plus touchée que dans les pays limitrophes. S’il y a un exemple à ne pas suivre, c’est bien celui-là. » 

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