Christophe Ginestier

Christophe Ginestier

Comme chaque année, le comité du var remet le prix  « Dr Joseph AMALRIC » communément appelé  « Prix var ». Cette année, cette récompense ira à  Christophe Ginestier pour ses travaux* sur le rôle des cellules souches cancéreuses (CSC) dans le cancer du sein. Pour en savoir davantage sur ces travaux, vous pouvez lire ce petit interview ou bien venir à la remise du prix auquel vous êtes tous conviés qui aura lieu lors de l’Assemblée générale du comité du var qui se tiendra jeudi 21 avril 2016, à 9h, Hôtel Holiday Inn – 1 Avenue Rageot de la Touche à Toulon.

Pierre Bégliomini – Journaliste :  Christophe Ginestier, vous travaillez au Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM) où vous êtes leader du groupe de recherche sur les CSC. Pouvez-vous nous dire en quoi consistent vos travaux ?

Christophe Ginestier : Mes travaux sont essentiellement accès sur le ciblage thérapeutique des CSC afin d’éradiquer ces phénomènes de rechute liés à la résistance des CSC.

P. B. : Les CSC, c’est quoi exactement ?

Christophe Ginestier : CSC est l’abréviation de cellules souches cancéreuses. Dans un premier temps nous avons établis la carte d’identité moléculaire des cellules souches cancéreuses afin d’identifier les mécanismes indispensables à leur survie. ll faut savoir qu’un cancer du sein en phase métastatique n’est actuellement pas curable.

P. B. : Mais je pensais que le cancer du sein était l’un des cancers qui se soignait le mieux ?

Christophe Ginestier : En effet, l’amélioration des techniques diagnostiques et les progrès thérapeutiques, avec notamment l’avènement des traitements ciblés, ont permis d’obtenir une excellente survie aux alentours de 80% à 5 ans pour les patientes atteintes de cancer du sein. Récemment les résultats de grand séquençage ont également permis des avancées dans la connaissance des génomes. Néanmoins, les mécanismes qui concourent à l’origine de la tumeur, à la rechute, à la formation de métastases et à la résistance thérapeutique sont encore peu décryptés. Il est, donc, important de souligner qu’un cancer du sein en phase métastatique n’est actuellement pas curable.

P. B. : Vos travaux se concentrent sur cette recherche ?

Christophe Ginestier : Parmi les différentes voies de signalisation identifiées, l’axe CXCR1/IL8 et le métabolisme du mévalonate ont été validés fonctionnellement comme étant des régulateurs importants de la biologie des CSC. On a notamment montré que l’inhibition de la voie de signalisation IL8/CXCR1 par le traitement avec la Repertaxin permettait de diminuer la pousse tumorale et de réduire la formation de métastase en ciblant la population de CSC. De la même façon, l’inhibition pharmacologique de la géranygéranylation des protéines (étape clé du metabolisme du mévalonate) réduit la population de CSC et prévient la récidive tumorale.

P. B. : Ces thérapies sont-elles déjà pratiquées ?

Christophe Ginestier : Ces deux thérapies anti-CSC sont des 3 traitements innovants qui sont actuellement transférés à la clinique avec le démarrage d’essai clinique (Essai clinique FRIDA). Plus récemment nous avons évalué l’impact d’épidrogues sur la population de CSC. Il a été très clairement démontré que les programmes d’auto-renouvèlement et de différentiation des cellules souches était finement régulé par épigénétique. L’utilisation d’épidrogue serait alors un moyen efficace pour agir sur la population de CSC. Nous avons notamment démontré que le traitement par HDAC inhibiteur induisait une différenciation des CSC aboutissant à une réduction du pool de CSC.

P. B. : Est-ce une nouvelle approche sur le cancer du sein ?

Christophe Ginestier : Au total, ce nouveau concept de CSC bouleverse la vision scientifique et médicale du cancer. Les cellules souches cancéreuses ont un potentiel qui est devenu néfaste pour l’organisme. L’ensemble des travaux visant à établir la carte d’identité moléculaire d’une tumeur doit être réinterprété en tenant compte de la hiérarchie cellulaire de la tumeur. C’est en ce sens que nous développons nos projets de recherche afin d’améliorer la compréhension et le traitement des cancers du sein.

*(voir ses travaux  et son cv ici)

Pierre Bégliomini – Journaliste multimédia pour le Comité du var

 

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