« Être aussi mince que possible tout au long de la vie, sans être en sous poids »… Cette recommandation de l’ACS, homologue américain de la Ligue, se trouve de nouveau étayée par les résultats d’une étude réalisée par des chercheurs français et britanniques. Selon ces travaux publiés dans la revue Breast Cancer Research Treatment (1), les femmes obèses lors du diagnostic d’un premier cancer du sein ont un risque plus important de développer un second cancer primitif, comparativement à celles dont le poids est normal.

Les femmes ayant eu un cancer du sein présentent un risque accru d’être (de nouveau) touchées par la maladie par rapport à celles qui n’en ont jamais eu. Cette majoration du risque est associée à plusieurs facteurs : la précocité de la maladie, des prédispositions génétiques, les effets secondaires du traitement du cancer initial. La méta-analyse réalisée par des chercheurs français (impliqués dans le réseau NACRe) et britanniques vient préciser l’impact potentiel d’un autre facteur de risque : l’obésité. Selon les résultats publiés, l’obésité au moment du diagnostic d’un premier cancer du sein majore d’environ 40 % le risque de développer un second cancer du sein (quel que soit le sein affecté). Pour les cancers de l’endomètre et du côlon-rectum le risque est augmenté de 96 % et 89 % respectivement. Une analyse plus poussée montre qu’un gain de cinq points d’indice de masse corporelle, équivalent au passage du poids normal au surpoids ou du surpoids à l’obésité, augmenterait de 12 % le risque de développer un second cancer du sein controlatéral et de 46 % le risque de cancer de l’endomètre.
Une fois de plus, la recherche vient préciser les effets délétères de l’obésité sur la santé humaine et le risque de cancer. Ces résultats confirment l‘importance des politiques de santé publique visant à prévenir le surpoids et l’obésité par la promotion d’une alimentation saine et équilibrée associée à la pratique d’une activité physique régulière adaptée.

(1) Druesne-Pecollo N., Touvier M., Barrandon E. et al.Breast Cancer Res. Treat., 2012, 5 août, DOI 10.1007/s10549-012-2187-1

LEXIQUE

Qu’est-ce qu’un second cancer primitif ?
Un second cancer primitif est la survenue d’un nouveau cancer touchant un autre, ou le même organe, qu’un premier cancer mais dont l’origine est distincte. Un second cancer se différencie donc d’une rechute ou d’un cancer secondaire qui découlent l’une ou l’autre directement d’un premier cancer.

Indice de masse corporelle (IMC)
L’IMC permet de définir la corpulence et d’estimer l’excès de masse grasse dans le corps.  Il est calculé en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. Chez un individu adulte de 20 à 65 ans hors conditions particulières (grossesse, athlètes), on estime qu’un IMC de 25 à 30 est indicateur du surpoids, les valeurs supérieures à 30 caractérisent l’obésité.

Méta-analyse. On qualifie de méta-analyse, une étude statistique qui se fonde sur la combinaison de plusieurs études distinctes focalisées sur une question scientifique donnée.
NACRe. Le réseau NACRe est constitué d’équipes de chercheurs du secteur public appartenant à différents organismes ou établissements (Inra, Inserm, CNRS, Centre de lutte contre le Cancer, etc). Les travaux de ces scientifiques visent à améliorer l’état des connaissances sur les liens entre nutrition et cancers afin de faire progresser la prévention.

Découvrez les actions de la Ligue dans le domaine de la relation entre obésité et cancers

Etude E3N : L’objectif de l’étude E3N est d’analyser le rôle de certains facteurs, notamment hormonaux, alimentaires et génétiques, dans la survenue des principales maladies chroniques, au premier rang desquelles le cancer, chez la femme. Plusieurs de ses résultats ont apporté des éclairages importants sur les liens potentiels entre la prise de traitements hormonaux et certains cancers de la femme, l’apport de l’activité physique à la prévention du cancer du sein, l’impact du surpoids sur le risque de cancer, les facteurs de risque ou de prévention associés à l’alimentation et la prise de certains compléments alimentaires, etc.

En savoir plus : Ecoutez le podcast de l’intervention de Sylvie Mesrine (Inserm, Villejuif) « L’indice de masse corporelle », lors du dernier colloque E3N

Téléchargez le compte-rendu de l’intervention de Sylvie Mesrine en version pdf

Recherche fondamentale : Dans le cadre de son programme Equipes labellisées, dédié au soutien d’équipes de recherche fondamentale,  La Ligue finance les travaux de l’équipe dirigée par Marie-Christine Rio (Inserm U 964 – CNRS UMR 7104, Illkirch). Ces  scientifiques  cherchent à déterminer comment les adipocytes, les cellules en charge du stockage de la graisse au sein de notre organisme, stimulent l’évolution des tumeurs.

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